Valentine

Valentine
C'est un océan qui envahit sa vie à chaque fois, vague par vague, chacune propulsée avec violence et originalité. Cette fois-ci, c'est sa rencontre avec cet homme qui la chamboule dangereusement. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas éprouvé ce sentiment au creux de son ventre, qui s'amplifie à chaque minute et qui se solidifie au fil de leurs rendez-vous. Il y a quelques semaines déjà qu'il est entré dans sa vie, tel un ouragan, il a tout de suite vu ses faiblesses, il a instanément détecté sa naïveté et son émotion si présentes en elle. Maintenant, il ne la quitte plus, elle est folle de lui. Malgré qu'il lise en elle comme un livre ouvert, elle voit également en lui un nuancier de couleurs, chaque couleur réprésentant un sentiment " a feeling ". Le vert, c'est sa force, il est prêt à tout pour realiser ses rêves, il est solide et ne risque pas de tomber du pied d'estal qu'il s'est lentement créé. Le rouge, c'est son mépris, envers lui-même, c'est un sentiment qu'il apprend à dompter et à attenuer mais elle le remarque quand même au fond de ses yeux. Le rose, c'est son amour, un amour éperdu qu'il n'arrive pas à contrôler réélement, elle suppose. Le bleu, ce sont ses rêves, ils sont forts en lui et prennent une grande place. Vint ensuite le orange, c'est son charme, ses manières et ses gestes. Il y a en lui également une part de mystère qui prend forme et se dilate dans une couleur blanchâtre. Parfois les couleurs se mélangent, créant ainsi de nouvelles couleurs. C'est sans fin. C'est cet homme qui change sa vie au fur et à mesure, c'est cet homme et toutes ses couleurs qui lui redonne le sourire, sa vie c'est cet homme. Le destin, c'est l'organisation de ces vagues, celles qui arrivent de nulle part, et qui prennent peu à peu place dans nos vies.

# Posté le lundi 10 août 2009 17:20

Modifié le lundi 10 août 2009 17:46

Valentine

Valentine
Ce manège qui tourne, qui tourne constamment. Ces voix inconnues, cette musique désagréable. Ces Visions particuliérement troubles. Ces visages abstraits que j'aperçois inconsciemment. Ils se ressemblent tous. Tous ces masques plus obsédants qu'effrayants.Cela ressemble étrangement à un rêve. Cauchemar absurde dont je vais me réveiller, me défaire, il me faut absolument l'oublier. Mais rien ne se produit malheureusement. Ma tête, ce foutoir infâme de rêves perdus, d'espoirs avortés, de convictions déchues. Tout ce que j'aurais aimé être, tout ce que je n'ai jamais été, tous ces rêves s'envolent rapidemment. Cachée derrière ce personnage. Faussement méchante et prétencieuse. Et tous ces gens, tous ces masques de comédie romaine qui ne laissent transparaître aucune émotion. Et ça tourne rapidemment. Je perds la notion. Et mes mains commencent à trembler. Ma réalité magnifiquement faussée, bancale, absurde. Mes yeux grands ouverts ne voient plus rien. Je me perds dans des songes qui n'ont jamais été les miens. Et je vacille, sur mes talons bien trop hauts. Tous ces visages insolites se resserrent autour de moi. Comme un étau qui, je le sais, ne se relâchera pas. Je m'effondre, comme au ralenti. Je tombe en arrière. Et tout s'efface, les visages, les voix, la musique, les masques. Tout s'efface. Le noir. Et plus rien.

# Posté le samedi 23 mai 2009 16:13

Modifié le lundi 10 août 2009 17:48

inlassablement, j'écris .

inlassablement, j'écris .
A l'heure où le soleil termine son travail quotidien et qu'il s'éloigne dans le ciel fatigué, les nuages disparaissent pour laisser doucement apparaitre la douceur d'une nuit qui s'annonce sombre, toutefois contrastée. L'éclairage des lampadaires offre une vue qui se perd dans les méandres des ruelles inactives et sans fin. Il fait froid ce soir, de ces froids qui parviennent à vous électrifier le coeur et les os. Et je reste là, figée devant ma fenêtre perchée à des mètres du sol. Une main posée sur la poignée, l'autre accrochée au rideau blanc, je baisse les yeux pour observer la vie. J'ouvre légèrement, un courant d'air se faufile sous mon col roulé vraisemblablement trop grand. J'ai des frissons, et j'inhale timidement l'air frais et glacial. Je le sens qu'il rentre, il me traverse. Et j'avale ma salive, sens ma gorge douloureuse. C'est quand j'écoute le silence, attentive à ses murmures, que je suis sûre que j'existe. J'aime la vie. J'écris pour m'en convaincre c'est vrai et pour ne pas oublier. La vie et ce qu'elle nous offre. Ces silences solitaires et parfois habités. Toutes ces choses indescriptibles que pourtant ce soir je voudrais écrire. J'écris pour le souvenir, pour les images à ne jamais oublier. Pour ces sensations qui se nichent parfois dans l'âme pour quelques secondes, pour ces sentiments quant à eux un peu plus ancrés. J'écris pour apprendre, pour comprendre le recul à observer.
La vie, le froid qui sait se rependre dans le corps déjà enveloppé dans la morosité du vent qui nous décoiffe. Des mains propres ou salies, des ongles rouges carrés ou simplement anxieusement rongés, qui s'emmêlent dans une chevelure devenue indomptable. Ces femmes en talon, pressées, qui trottinent puis clopinent à cause de douloureuses ampoules naissantes sur leurs chevilles fragilisées. Ces enfants fiers de tenir leur parents par le bras, ces étudiants démoralisés d'avancer sur le chemin les menant à l'université. Ces scènes journalières de vie, que l'on observe muet et impassible quotidiennement. La couleur des objets, le rouge ou le vert d'une pomme dans laquelle on peut toujours sauvagement croquer. La couleur, elle est toujours là, je l'écris pour m'en convaincre c'est vrai. Il me suffit d'ouvrir les yeux, pour ne plus voir l'anthracite qui baigne mon atmosphère dans une dangereuse mélancolie. Et l'odeur. L'odeur des fleurs, de l'herbe fraîchement arrosée, l'odeur d'un repas gracieusement concocté, l'odeur de l'essence ou des pots d'échappement. L'odeur même désagréable de la cigarette qui s'infiltre dans nos tissus. La laine, le coton, le satin. La douceur, ou les démangeaisons qu'ils nous procurent.

# Posté le mercredi 18 mars 2009 15:45

Modifié le dimanche 29 mars 2009 14:50